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GR©738, la traversée de Belledonne dans les pas des bergers.

Sylvain vous emmène sur le GR©738 dans la chaîne de Belledonne, entre paysages rocailleux et plaines verdoyantes !

randonnee belledonne GR738

Le GR©738 traverse la chaîne de Belledonne, une ligne de crête culminant à près de 3000 mètres, dominant Grenoble et sa vallée. Ces 140 kilomètres comptent tout de même 10 000 mètres de D+ et font découvrir les sommets, les lacs et les panoramas sur des sentiers autrefois empruntés par les seuls bergers.

QUELQUES INFOS SUR CE TREK DANS LE massif de belledonne :

L'ITINÉRAIRE DE SYLVAIN
SUR LE GR©738

(Trek réalisé en août 2018)

1. D’Aiguebelle au yourtes de Yayla de Rochebrune : 14 km, 6h30, 1245 m + / 685 m -
2. Des yourtes du Yayla de Rochebrune au refuge de la Perrière : 16 km, 8 h, 1805 m + / 825 m -
3. Du refuge de la Perrière au refuge de la Pierre du Carre : 13 kms, 7 h, 1220 m + / 1320 m -
4. Du refuge de la Pierre du Carre au Gîte de l’Alpage de l’Oule : 16 kms, 7 h, 1280 m + / 1200 m -
5. Du Gîte de l’Alpage de l’Oule au gîte de la Martinette : 11 kms, 6 h, 700 m+ / 1300 m -
6. Du gîte de la Martinette au refuge des 7 Laux : 9 kms, 5 h, 1100 m+ / 100 m -
7. Du refuge des 7 Laux à l’Habert d’Aiguebelle : 10 kms, 5 h, 540 m+ / 900 m -
8. De l’Habert d’Aiguebelle au refuge Jean Collet : 8,5 kms, 6 h, 1 060 m +/ 875 m -
9. Du refuge Jean Collet au refuge de La Pra : 7 kms, 4h30, 950 m + / 780 m -
10. De La Pra à Chamrousse (Le Recoin) : 8,5 kms, 3h, 15475 m + /  915 m -
11. De Chamrousse à Vizille : 17 kms, 5h30, 410 m + / 1 785 m -

D’Allevard au refuge de la Perrière, premiers pas savoyards.

Nous partons d’Allevard, petite ville de Savoie au pied du massif.
Notre première journée est forestière. Néanmoins, le décor est déjà appréciable et la pente forte. Ce début de parcours nous rappelle le passé minier de la région : nous frôlons plusieurs anciennes mines de fer, en montant vers la crête du Mollard. Le minerai y était exploité depuis le moyen-âge. Sous un chaud soleil, nous descendons vers notre premier hébergement : les yourtes de Yayla nous laisseront un bon souvenir. D’abord parce que dormir sous une yourte est une expérience que nous n’aurions pas forcément attendu ici, ensuite parce que nous y rencontrons un groupe de randonneurs avec qui nous allons partager toutes les soirées de cette randonnée. C’est par le hasard des rencontres au bord du sentier que naissent de belles amitiés.

Le lendemain, les premiers panoramas grandioses nous attendent, sur une belle alternance entre forêt et alpages. Sur la ligne de crête qui suit le col du Champet, le Mont-Blanc se découvre, altier, devant nos regards. Plus loin, les sources du Gargoton nous offrent une pause rafraîchissante. Le petit refuge de la Perrière, bordé par un alpage verdoyant, n’est pas gardé. Ce soir, nous préparons nos plats lyophilisés et chauffons nos gamelles. Le jeu de cartes est de sortie et la soirée des plus conviviales.

Randonnée belledonne - Gargoton

La Perrière - l’Oule :
dans le vif du sujet ! 

Après ces deux jours d’approche entre forêts et crêtes, nous voici dans le coeur du sujet.
La montagne de Belledonne nous accueille de toute sa puissance. Les alpages proches du refuge de la Perrière sont doux et fleuris mais devant nous se dressent des géants de roches. Le ciel est sombre ce matin. Nous partons très tôt en compagnie de nos nouveaux amis de marche. L’orage est annoncé pour 11 heures, mais semble vouloir être en avance.
Dès nos premiers pas, ça gronde et les éclairs déchirent le ciel. La menace se rapproche et les gouttes tombent. Malgré le superbe spectacle des pics et des crêtes baignées d’une lumière surréaliste, nous pressons le pas. Après les passages en crête sur le col de la Frêche puis celui d’Arpingon, le ciel se fait moins furieux.
Les panoramas sur le Mont-Blanc, les Grands Moulins et la Lauzière seront pour une autre fois, mais nous apprécions la suite de l’étape. Une longue descente nous attend jusqu’au torrent de Bens. Nous le traversons et quittons ainsi la Savoie pour l’Isère.
Ensuite, une jolie remontée nous attend, sous le soleil revenu, à travers le bel alpage de Claran. Je n’ai jamais vu autant de myrtilles, qui nous invitent à autant de pauses. Mais décidément les nuages sont capricieux, et nous arrivons finalement juste à temps au petit refuge de la Pierre du Carre, blotti entre forêt et alpages. Une chaleureuse soirée entre amis, à l’abri, nous y attend.

Le gros chat du refuge de la Pierre du Carre a bien raison de rester à l’abri au matin. Pas de chance, il pleut encore. Mais pluie du matin n’arrête pas le valeureux randonneur sur le GR©738. Le jeux des nuages dans les arbres et sur les prairies donnent un aspect mystérieux et romantique à ce début d’étape.
La cabane de l’Aup Bernard, plantée au milieu de l'alpage, nous fournit un beau terrain de pique nique. Plus bas, nous regagnons un instant la civilisation, en frôlant le village du Gleyzin.
Une splendide remontée nous attend : le long du torrent, un troupeau de beaux moutons s’égaye joyeusement. Ils semblent presque nous encourager dans cette rude pente.
Encore quelques pas sur un terrain de plus en plus rocheux et voici, hauts perchés la bergerie et le refuge de l’Alpage de l’Oule. Les nuages, magnanimes, nous permettent à notre arrivée d’admirer le panorama à travers une belle percée. Un peu plus tard, la nuit tombée, le spectacle des lumières, là-bas dans la vallée, sera tout aussi beau.

randonnée GR738 - la perrière

De l’Oule à Fond de France :
myrtilles et rhododendrons

Nous remontons dans un très beau paysage d’alpage, semé de myrtilles et de rhododendrons, vers la croix et le lac du Léat. Le petit chalet au bord du lac est tout mignon. Il nous invite à une première pause avant de repartir dans les alpages. 
Entourés de sommets, nous marchons aujourd’hui sur un terrain relativement facile, si ce n’est le dénivelé, et dans une zone tout à fait hospitalière. Les ruisseaux coulent, l’herbe est verte. Le pique-nique s’impose au chalet de la Petite-Valloire. Nous y sommes rejoints par notre joyeuse bande d’amis. Ségolène, la nouvelle venue, a vu la semelle de ses chaussures se décoller entièrement dès la première heure de marche ! Elle aura quelques difficultés dans la longue et raide descente qui suit, à travers bois, pour rejoindre Fond de France. 
Ce soir, nous goûtons au confort du gîte de la Martinette : nous sommes redescendus en vallée, une vallée bien tranquille car cachée en Belledonne, où coulent le Bréda et le Pleynet. Le soleil est revenu, et l’apéritif ce soir se fera en terrasse !

trek belledonne, gr738

Fond de France - Habert d’Aiguebelle :
les lacs des sept Laux. 

C’est une longue remontée qui nous attend le lendemain ! Nous repartons, reposés, de la Martinette. C’est d’abord une bucolique forêt qui accueille nos pas.
Nous admirons après un tout petit détour la cascade du Pissou , qui coule à flot. La pente se fait ensuite plus raide pour nous reconduire en quelques kilomètres vers les alpages. Nous suivons le cours des ruisseaux.
Le paysage devient de plus en plus minéral à mesure que nous grimpons. Les 2000 mètres d’altitude sont franchis, mais il en reste encore avant d’atteindre le premier lac. Après le lac carré, le spectacle est total : c’est un défilé d’eaux et de roches, surmonté par des sommets impressionnants. Un sacré décor pour savourer encore une belle soirée entre amis !
Le festival des lacs et des roches se poursuit pour notre 5e jour de marche. Univers d’eau et de pierres. Les glaces de l’hiver ont presque disparu. Un beau troupeau, et quelques patous (mais débonnaires), animent aussi notre matinée, postés autour de la cabane au bout des lacs.
Le rude col de la Vache nous attend de pied ferme : la montée est progressive et nous nous arrêtons souvent pour admirer le paysage à nos pieds. Mais l’effort est soutenu et la pente se fait très raide. Le sentier a laissé la place à un pierrier. La récompense du panorama, des deux côtés du col des sommets découpés dominant les vallées, est à la hauteur.
La descente demande vigilance : un dédale de pierres, où chaque pas se mesure. Il ne faut pas perdre de vue non plus la direction générale.
Nous retrouvons enfin le sentier, un beau balcon nous mène jusqu’au Pas de la Coche. Le ciel s’est obscurci, la pluie arrive plus vite qu’un randonneur au galop.
Nous ne nous attardons pas pour descendre jusqu’à l'accueillant refuge Habert d’Aiguebelle, fraîchement refait.

Habert d’Aiguebelle - Vizille :
un final de lac en panoramas ! 

Le lendemain, nous franchissons le passage de la Brèche de Roche Fendue, un endroit particulièrement sauvage et minéral, un peu austère aussi, qui garde des traces du passé minier : un peu plus loin, le col de la Mine de fer porte ainsi bien son nom et l’entrée de l’excavation est encore visible. Mais ce sont aussi les beaux panoramas sur l’Oisans d’abords, puis au col sur les lacs des sept-Laux, que nous admirons une dernière fois d’en haut, qui nous ravissent. La descente vers le refuge Jean Collet, à travers roches et alpages, est assez rapide. Nous arrivons assez tôt et bien nous en prend : la pluie, qui nous a bien épargné ces derniers jours, est de retour peu après. Une belle éclaircie après le dîner nous laisse admirer les lumières du soir et la vue magique sur le Grésivaudan, la ville de Grenoble tout en bas et la Chartreuse en face.
Dans la douce lumière matinale nous quittons le refuge Jean Collet pour nous offrir une dernière longue plongée dans la montagne. Un beau sentier balcon le long d’alpages contournant la Grande Lance de Domène, puis, après les col de la Sitre et du Loup, en face de la Chartreuse, nous rejoignons le lac du Crozet.
Nous montons ensuite vers le refuge de la Pra et son joli vallon. La terrasse ensoleillée est parfaite pour le déjeuner.

Un bon après-midi de marche nous attend encore sous un soleil à nouveau au zénith : nous traversons quelques bons pierriers, franchissons des ruisseaux où il fait bon tremper son chapeau pour se rafraîchir. Nous rencontrons aussi un immense troupeau de moutons et de biquettes, qui grimpe avec nous sur une pente rocailleuse. On engage la conversation avec le berger, assis sur un rocher, à surveiller tranquillement son troupeau de 1500 têtes. Il aime son métier, car il aime la montagne, mais les difficultés s’accumulent : les normes sanitaires nouvelles l’ont contraint à arrêter le fromage, trop contraignant. Le loup est aussi un nouvel acteur : la nuit, il faut parquer les bêtes, surveiller. Mais c’est aussi naturel qu’il revienne.
Nous descendons sur les lacs Robert. Nous admirons le reflet des cimes dans leurs eaux claires, avant de repartir pour un ultime effort vers Chamrousse. Sur les derniers kilomètres nous retrouvons les installations de la station de ski. Le retour à la civilisation s’amorce. Ce soir, nous dormons à Chamrousse, dans un petit hôtel et dînons au restaurant. Il n’y a pas grand monde.
Le dernier jour de sentier se présente donc déjà. Ces dix jours ont été denses et sont passés si vite. Une longue descente forestière, qui laisse entrevoir de beaux panoramas sur le Vercors et passe par quelques hameaux, nous propulse vers Vizille. Ça descend fort, sur un sentier parfois caillouteux, mais ces ultimes 17 kilomètres sont vite avalés : sous le coup de midi nous voici à l’entrée du parc du château de Vizille. C’est dans ce lieu, qui a marqué l’histoire de la révolution française (les états généraux du Dauphiné, qui eurent une influence sur la révolution, s’y tinrent en 1788), que s’achève notre périple sur le GR©738.