MATÉRIAUX ET TEINTURES éco-conçus : pourquoi nous y mettons autant d'énergie.

L'équipement le moins impactant est celui que l'on n'achète qu'une seule fois, pour toute la vie. Pour nous, la durabilité dans le temps est un pré-requis. Mais ça ne suffit pas.

Pour aller au bout de notre démarche, il nous faut aussi explorer de nouvelles voies pour sélectionner les matériaux et procédés de transformation qui consomment le moins de ressources et d'énergie possible.
Se poser les bonnes questions, tester et retester, se tromper, rectifier, convaincre, réussir, partager nos découvertes : le chemin est long, mais on sait que c'est le bon.

MATÉRIAUX ET TEINTURES : POURQUOI NOUS Y METTONS AUTANT D'ÉNERGIE.
Cycle de vie d'un produit

le constat

L'enjeu est colossal : à elle seule, l'industrie du textile serait à l'origine d'environ 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et consommerait 4 % de l’eau potable disponible dans le monde. (Source, 2015)

Conscients de l'urgence de la situation, nous nous engageons à progresser sur le chemin de l'éco-conception. Face à la complexité du sujet, nous avons choisi de commencer par faire un bilan, celui de l'analyse du cycle de vie de nos produits. Cela nous permet d’avoir une vision claire des étapes les plus impactantes et ainsi concentrer toute notre énergie à les réduire, voire les supprimer.

Ainsi, tous nos choix, des matériaux à la découpe, sont réalisés selon une méthodologie qui permet d’assurer le juste équilibre entre la qualité, la technicité, l’usage et la limitation d’impact du produit.

nos objectifs pour 2026

ACTION N°1 : CALCULER L'IMPACT DÈS LA CONCEPTION

Nos ingénieurs produit utilisent un outil d'analyse de cycle de vie (ACV)* qui permet de mesurer, en amont, l'impact de leurs choix de conception sur le produit. Ils peuvent ainsi identifier les leviers d’optimisation environnementale dès la première phase de réflexion.
Cet outil prend en compte 4 critères :
- les émissions CO2
- les émissions de particules fines
- l’eutrophisation des eaux douces et marines
- l’épuisement des ressources

En 2021, 92% de nos produits sont modélisés avec cet outil d'éco-conception.
En moyenne, c’est 5 kg eq/CO2 économisés pour chaque nouveau produit éco-conçu.

Nous devons également en étoffer les critères et le catalogue de matières premières pour une vision plus étendue (nous pouvons toujours faire mieux, notamment pour la biodiversité).

*Cet outil de modélisation repose sur les bases de données européennes de l’organisme externe Glimpact, ce qui garantit l’objectivité de notre mesure d’impact.

CHOISIR DES MATIÈRES PREMIÈRES À LA HAUTEUR DE NOS EXIGENCES

ACTION N°2 : CHOISIR DES MATIÈRES PREMIÈRES À LA HAUTEUR DE NOS EXIGENCES

La sélection des matériaux est un axe décisif dans notre démarche d’éco-conception. En 2021, l’extraction de la matière correspondait à 19% de notre bilan carbone.
Qu’elles soient biosourcées ou synthétiques, certaines matières sont moins impactantes que d’autres si elles sont issues de filières durables ou conçues de manière responsable, voire recyclées. Nous portons une attention particulière à l’approvisionnement de chacune d’entre elles.

Vous vous demanderez peut-être pourquoi nous continuons à utiliser du synthétique : ces matériaux sont généralement dérivés du pétrole et demandent des ressources qui génèrent un impact environnemental.
Tout d’abord, il faut démystifier l'idée que les matières dites “naturelles” soient plus vertueuses : à ce jour, nos calculs démontrent plutôt que certaines matières synthétiques sont moins impactantes que la laine ou le coton par exemple. En effet, la culture du coton, l'élevage des moutons et leur transformation ont des conséquences non négligeables sur l'environnement.
De plus, les matières synthétiques ont des propriétés techniques très utiles pour la pratique du trekking, comme la résistance et la rapidité de séchage, par exemple. Il est encore trop tôt pour imaginer que les trekkeurs puissent s'en passer sur les sentiers et nous ne ferons aucune concession sur la résistance de nos produits.

RECOURIR À DES PROCÉDÉS DE TEINTURE MOINS POLLUANTS

ACTION N°3 : RECOURIR À DES PROCÉDÉS DE TEINTURE MOINS POLLUANTS

Dès nos premiers pas vers l’éco-design, les différentes analyses de cycle de vie de nos produits ont prouvé que l’étape de teinture était l’une des plus polluantes.
Trouver des solutions alternatives est donc vite devenu la priorité de nos équipes de conception.

C'est pourquoi aujourd'hui chaque nouveau produit Forclaz bénéficie de procédés de teintures moins polluants, quand cela est techniquement possible.
L'enjeu est considérable car le procédé classique de teinture de fibres utilise une grande quantité d’eau qu’il faut amener à une température élevée, ce qui consomme beaucoup d’énergie.
La teinture industrielle "classique" peut également causer :
- des émissions CO2 si l’énergie utilisée chez le teinturier est produite à partir d’une ressource carbonée (ex. : charbon)
- une pollution de l’eau si la teinturerie n’est pas raccordée à une station d’épuration
- de forts enjeux sanitaires dus aux métaux lourds non-traités qui s’agglomèrent dans la boue des stations d’épuration
Depuis quelques années, le groupe Decathlon a donc travaillé sur de nouvelles solutions de teinture tout en mettant en place un système d'audits environnementaux chez ses partenaires industriels.

Ces procédés alternatifs nous permettent non seulement de réduire l’impact de nos produits, mais aussi de conserver les propriétés techniques des fils, tout en offrant une meilleure tenue de la couleur dans le temps par rapport à un procédé classique de teinture.
Lorsque ces techniques ne peuvent pas être utilisées, nous demandons à nos fournisseurs de mettre en œuvre des solutions alternatives de réduction d’impact sur les procédés de teinture plus traditionnels. Cela passe notamment par l'efficience énergétique des appareils utilisés.

LE MINIMAL WASTE, OU COMMENT LIMITER LES CHUTES DE TISSU EN PRODUCTION

ACTION N°4 : limiter les chutes de tissu en production

Nous privilégions une collaboration étroite entre designers et modélistes, dès la naissance d'un projet de conception. Au sein de nos ateliers de prototypage en Haute-Savoie, ils recherchent ensemble des solutions pour réduire les chutes de composants, en optimisant le placement des pièces de patronage pour limiter les pertes : c'est ce qu'on appelle le minimal waste design.

Et cette démarche ne s’applique pas qu’aux nouveaux produits : à l’aide d’un diagnostic global des chutes de tissu en production, les designers et modélistes peuvent identifier puis retravailler les produits pré-existants ayant le plus gros volume de pertes.
Invisible pour nos utilisateurs donc, mais significatif en terme d’impact !

Ainsi, le minimal waste design de notre poncho Trek 100 a permis de réduire considérablement les chutes. Par rapport au précédent produit, c’est 50 cm de tissu économisés par patronage sur la taille L.

ET demain ?

Notre objectif : en 2026, 100% des produits Forclaz seront éco-conçus, selon les critères définis par le groupe Decathlon. En 2021, nous en sommes à 32% : il y a encore un long chemin à parcourir et nous y mettons toute notre énergie.
Pour y parvenir, nous devons relever de nombreux défis et continuer nos explorations.

1 - MATIÈRES PREMIÈRES RECYCLÉES
De nombreuses marques du groupe Decathlon proposent déjà des produits composés de matériaux recyclés : polyester, coton ou plastique recyclés.
Parmi les nombreux avantages du recours aux matières recyclées, il nous évite de puiser à nouveau dans les ressources naturelles. Aussi, cela peut nous permettre de travailler sur des matières déjà colorées, puisque le recyclage repose sur un tri des fibres par couleur. Aussi, utiliser des fils ainsi recyclés permet d’éviter l’étape de teinture.

C’est une autre façon de travailler la matière, avec de nouveaux enjeux :
- Comment conserver les propriétés de la matière quand elle n’est plus vierge ?
- Comment s'approvisionner en quantités suffisantes sur des matières difficilement recyclées ?
Par exemple, nous savons aujourd’hui recycler le polyamide quand il provient de chutes de production (quantités limitées) mais nous n’avons pas encore identifié de filière de recyclage de polyamide issu des dons ou déchets des particuliers.

2 - TEINTURES ALTERNATIVES
La gestion des volumes moins importants, notamment pour les petites séries de produits, est un véritable défi pour nous. En effet, le dope dyed ne peut s’appliquer qu’à partir d’une certaine quantité : si notre besoin d’approvisionnement en fils colorés est inférieur à ce seuil, nous devons passer par des procédés de teintures classiques.

Heureusement, des solutions de teintures plus responsables émergent, et nous sommes toujours partants pour les expérimenter :
- Nous étudions notamment le procédé de Clean dyed, aussi appelé CO2 supercritique dyed : un processus en boucle fermée où du CO2 va être concentré à très haute pression pour agir comme solvant. Aucun trempage n’est nécessaire : le colorant va s’imprégner profondément dans les fils. C’est une alternative prometteuse qui nous permettrait de réduire considérablement l’impact de la teinture. Cette technique ne s’applique néanmoins que pour le Polyester.
- Nous commençons également l’exploration de solutions de teintures végétales, qui seraient créées à partir de résidus de plantes déjà utilisées par l’industrie. Si ce projet est concluant, cela pourrait nous servir à teindre nos laines vierges, notamment.

3 - DU MINIMAL WASTE AU MINIMAL ASSEMBLY
Le minimal waste design est une stratégie de fond chez Decathlon, depuis plusieurs années. Aussi, pour certains produits, la consommation de matières est déjà optimisée au maximum.
Nous continuons de développer de nouveaux produits intégrant un minimal waste design quand cela est techniquement possible.

En parallèle, nous travaillons sur un projet de minimal assembly qui consiste à limiter le nombre de coutures lors de l'assemblage d'un produit.
Ce travail ne peut être mené que si l’on connaît bien l’outil de production du fournisseur : en fonction de la technologie d’assemblage qu’il utilise, nous allons chercher des solutions adéquates. Nous travaillons par exemple sur une veste thermosoudée, c’est-à-dire que les coutures ne sont pas piquées comme des coutures classiques mais soudées à la presse. Ainsi, il n’y a presque pas de coutures. Sur cette veste, il y a deux poches-mains et afin d’optimiser les manipulations, c’est l’ourlet du bas de veste qui fait office de fond de poche. C’est d’autant plus intéressant que la veste est plus résistante : les poches ne se perceront pas.
Ainsi, nous diminuons le temps humain passé sur le produit et donc son coût final... ce qui nous donne plus de chances de pouvoir ramener la production en Europe. En revanche, ce procédé consomme un peu plus de matière que sur une veste traditionnelle, c’est un compromis.

Delphine, ingénieur Forclaz

Delphine

DIRECTRICE TECHNIQUE DU textile chez Forclaz

Chez Forclaz, nous sommes conscients que toutes nos actions ont un impact sur la planète. Nous avons donc décidé d'agir, chacun à notre niveau, pour le limiter autant que possible.

L'éco-conception se pose donc comme une évidence.
C’est une manière incontournable de concevoir nos produits. Nous nous imposons d'utiliser tous les outils à notre portée, pour imaginer des produits toujours plus solides, économes et adaptés aux besoins des trekkeurs.
Chaque matière employée, chaque ligne de couture, chaque finition est réfléchie pour servir cet objectif. Nous n'hésitons pas à améliorer nos produits jour après jour pour plus de durabilité et moins d'impact.
C'est pourquoi nous sommes si fiers d'apposer notre logo sur les produits que nous vous proposons.